J'adore l'idée de faire mon C.V. de coureur à pied.
Pour remonter aux origines, je dois d'abord préciser que mon père était lui-même un très honorable coureur à pied. Il pratiquait il y a une trentaine d'année le semi-marathon, qui restait sa distance favorite. Enfants, mon frère et moi, mon père nous emmenaient faire le Cross du Figaro (depuis disparu); mes premiers diplomes datent de 1980, alors que j'avais 8 ans. Bref, j'ai le souvenir d'avoir couru (sans aucune préoccupation d'objectif evidemment) dès l'enfance, et avec un réel plaisir.
Puis, j'ai abandonné la course à pied pour me consacrer à l'adolescence, toujours en amateur, à des sports variés (tennis, natation, ski, foot, judo,...).
Finalement, de façon inattendue, alors que j'avais 23 ans (il y a 10 ans), j'ai rencontré un médecin qui m'a dit, alors que je venais de rentrer dans la vie active, que courir pourrait me détendre (à l'époque, j'étais un jeune avocat motivé, mais un peu stressé...).
J'ai donc décidé de suivre son conseil, et je m'y suis donc remis tranquillement. Au départ, je courais une petite heure, pour me vider la tete, sans aucun objectif, et même en ignorant que si je le souhaitais, je pourrais avoir des objectifs. A vrai dire, je prenais l'air et c'était déjà pas mal. Inutile de dire que le marathon, ou même le semi restaient pour moi des epreuves mythiques, reservées à l'élite. Même en rêve, je ne pouvais envisager de participer ou de finir une telle épreuve.
Et puis le temps a passé, et j'ai commencé à me prendre au jeu, tout seul (même si déja à l'époque, j'avais eu l'occasion de courir très occasionnellement avec Jérome qui ne pratiquait pas du tout ce sport).
J'ai finalement décidé de m'inscrire à mon premier 20 kilometres de Paris, il y a environ 8/9 ans. J'ai le souvenir d'une épreuve terrible, d'une douleur musculaire insupportable au niveau du 16e kilometre. Je me rappelle également que j'ai été obligé de marcher à partir du 17e kilomètre. Mais j'ai tout de même fini l'épreuve à l'époque en environ 2 heures 10. J'étais très fier de moi, et surtout j'avais adoré ça (le coté festif de l'épreuve, les encouragements, le défi... et puis en discuter avec mon père qui avait couru cette course des années auparavant, c'était sympa). A noter qu'à ce moment, je courais environ 1 fois par semaine, sans aucun plan d'entrainement.
Par la suite, j'ai couru tous les 20 kilometres de Paris en m'améliorant régulierement. Une année, il y a environ 6/7 ans je crois, nous nous étions inscrit, Jérome et moi, au Cross du Figaro (ce fut d'ailleurs la dernière édition de cette course) pour un 15 kilomètres. Nous avons fait une course pathétique, ou nous sommes arrivés ensemble dans les 5 derniers (sur environ 500 participants). C'est un souvenir amusant, surtout lorsqu'on repense à la voiture balais qui nous suivait...
Enfin, il y a 6 ans à peu près, j'ai rencontré mon Coach. Au cours de notre premiere rencontre, alors que je ne savais pas qu'il était coureur à pied, je me suis vanté d'avoir terminé les 20 kilometres de Paris en 2 heures, et d'être un coureur de bon niveau : après m'avoir laissé parlé et m'avoir félicité, il m'a dit qu'il avait fait un marathon en 2 heures 49...
Cette rencontre a été décisive, puisqu'il a commencé à m'expliquer les bases de l'entrainement, et surtout il m'a dit que courir un marathon, c'etait possible pour n'importe qui. L'idée a commencé à me rendre fou (Jérome a vecu cette folie de la même façon, le blog en est témoin). Et là, j'ai commencé à m'entrainer un peu plus sérieusement en faisant deux puis trois sorties par semaine. J'ai aussi allongé la durée des sorties, et la distance en conséquence. Avec les encouragements de mon Coach, je me suis inscrit au semi de Paris, j'ai couru des 10 kilometres,... Et petit à petit, sans trop d'ambition, j'ai commencé à progresser modestement
Finalement, il y a 5 ans, en avril 2001 (je m'en souviens précisemment, mon fils etait né deux mois avant), je me suis placé au départ du Marathon de Paris. J'étais très ému, avec la tête pleine de symboles (je crois que chacun place une dimension symbolique dans cette épreuve). J'ai pris le départ : pour la premiere fois, j'ai descendu avec 30.000 coureurs, les champs elysées, j'ai traversé la Concorde,... et j'ai fini par faire le tour du bois de Boulogne, et remonter l'avenue Foch. Quand je suis arrivé au 42e kilometre, j'ai levé les bras. C'était la folie, j'avais jamais rien fait (ou peu de choses) de ma vie d'aussi extraordinaire. Surtout, j'avais reussi, j'avais accompli mon défi et je terminais mon premier marathon en 4 heures 14.
Après ça, je suis devenu un coureur à pied régulier, sans vraiment progresser de façon significative. J'ai couru un marathon (Paris) par an, j'ai converti des amis à ce sport, mon groupe s'est étendu, j'ai fais des rencontres sympas, j'ai emmené mes baskets partout, dans le monde entier, en vacances. J'ai fait des joggings à New York, Mexico, Montreal, en Italie, en Espagne, à la mer, à la montagne. C'est devenu une habitude, et puis j'ai amélioré mes temps pour courir le semi en environ 1 heure 45, et le marathon en 3 heures 59.
Pour finir, Jérome (nouveau sur le circuit) s'est mis à courir régulierement avec moi depuis octobre 2005, avec lui aussi comme objectif de devenir marathonien en 2006. Contre toute attente, alors que j'étais plus experimenté que lui (si l'on peut dire), il m'a rapidement rattrapé (pour mon plus grand plaisir) et m'a même imposé un plan d'entrainement plus rigoureux.
Et puis il y a eu le Blog.
Nos aventures sont visibles sur Jogblog pour ceux qui les suivent regulierement : le site a généré depuis sa creation plus de 13.000 pages lues, le jour du marathon nous avons eu plus de 900 lecteurs. Bref, un attrait supplementaire et un nouveau moyen de partager sa passion.
Et le 9 avril 2006, après avoir achevé ensemble le semi de Paris en 1 heure 41, Jérome et moi avons pris le départ du Marathon de Paris pour cette nouvelle édition. Je l'ai fini en 3 heures 52, avec un plaisir renouvelé, même si Jérome m'a laché (pour cause de crampes à la moitié).
Objectif 2007 : Marathon de Londres en moins de 3 heures 50.
Vive la Course à Pied, et Vive les Coureurs.